Gerbert d’Aurillac

Script BD...

 

 

 

 

 


Aller à la rencontre de Gerbert d’Aurillac


GERBERT D’AURILLAC

 

ou

 

Construire l’Europe de l’an 1000.

 

 

Script de bande dessinée libre de tous droits

et réalisé par Jean-Claude Le Moignic

 

 

 

 

 

Distribution :

 

 

 

- Moine à l’abbaye de Saint Géraud

 

- Ecolâtre de Reims

 

- Ami d’Otton Ier, Empereur du Saint Empire Romain

 

- Précepteur d’Otton II, Empereur du Saint Empire Romain

 

- Secrétaire d’Adalbéron, Archevêque de Reims

 

- Abbé de l’abbaye de Bobbio en Italie

 

- Précepteur de Robert, fils de Hugues Capet

 

- Secrétaire de Hugues Capet

 

- Archevêque de Reims

 

- Secrétaire d’Otton III, Empereur du Saint Empire Romain

 

- Archevêque de Ravenne

 

- Pape, sous le nom de « Sylvestre II »

 

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

  Gerbert d’Aurillac

 

 


 

Nota Bene :

Pour une meilleure compréhension des dialogues, l’auteur a dû recourir aux bulles, sachant que

Gerbert d’Aurillac, devenant Pape sous le nom de Sylvestre II en l’an 999, rédigea ses propres bulles.

 

 

 

 

*   *   *

*   *

*

 

 

 

 

En recherchant l’unité politique de l’Europe,

les Grands de ce monde, de Charlemagne à Otton III,

ont souvent jalousé le prestige de la couronne impériale,

qui au delà des titres, des frontières et des siècles

a marqué notre civilisation d’hier et d’aujourd’hui…

 

 

 

 

 

 

 

 Vue d’un paysage de montagnes anciennes avec un bourg dans le creux d’une vallée, laissant le clocher de l’église pointer vers le ciel (vue de carte postale avec un paysage pittoresque…).

 

Tandis qu’en l’an de grâce 967, les monts auvergnats veillent paisiblement sur le bourg d’Aurillac…

 

 


On entre dans le bourg par une rue animée, bordée de maisons à colombages et de boutiquiers, avec au bout de la rue la place de l’église.

 

*  Et voilà votre saucisse aussi prestement que toutes ces gens qui courent vers le parvis !

*  C’est que le nouveau Duc des Marches d’Espagne et Comte de Barcelone s’en vient prier à l’abbaye* et que le Père Abbé est venu l’accueillir.

 

* Abbaye fondée en 894 par St Géraud, Comte d’Aurillac, et rattachée plus tard à l’abbaye de Cluny fondée en 910.

 

 

 


Place de l’église, du monde, des saltimbanques accueillent le comte.

 

*  (le Comte) Rarement je n’ai reçu autant d’acclamations, Père Abbé ! Qu’en votre compagnie, il me soit permis d’honorer votre prestigieuse abbaye.

*  (le père Abbé) Mais votre présence ici, Seigneur Borrell, y contribue déjà tout comme elle a contribué à asseoir la réputation de l’abbaye de Vich*.

 

* en Catalogne

 

 


*  (le Comte) L’évêque Hatton est un grand maître, et son enseignement, il est vrai, va bien au delà de la vraie foi…

*  (le père Abbé) Dieu vous écoute et Dieu me parle, Seigneur Borrell,… car il serait heureux pour notre abbaye de faire instruire un de nos moines que vous pourriez emmener. Qu’en pensez-vous ?

 

 


Le Duc accepte et sur proposition des frères clunisiens de l’abbaye, un moine remarqué pour sa soif de connaissances est choisi. Né vers 945 à Aurillac et d’origine modeste, il s’appelle Gerbert.

 

 


 Gerbert, dans une grande bibliothèque, y découvre des ouvrages d’exception…

 

- Certes, les auteurs classiques ne meurent jamais… Il suffit de lire Virgile, Horace et Térence pour s’en convaincre. Quant à ces traités de Boèce sur la rhétorique, on retrouve Aristote en filigrane. Et que penser du grand Isidore de Séville et de Cassiodore !… Rome a su si bien conduire de nombreux peuples, que l’assimilation de sa civilisation l’a faite universelle…

 

 


Gerbert, dans une autre pièce, construit des globes terrestres avec les pôles, l’équateur, les tropiques, les parallèles…

 

- La sphéricité de la terre est un sujet bien connu des savants depuis Eratosthène,

  mais certains finissent par en parler avec platitude…(soupir !)

 

 


Gerbert, dans la grande bibliothèque, ne cesse de découvrir de nouveaux livres…

 

*  Ah ! Voici les traductions que j’ai obtenu de ces livres arabes. Leur contenu scientifique sur les mathématiques* , la chimie et la médecine méritait bien qu’on s’y attarde…

 

* les mathématiques comprennent à l’époque l’arithmétique, la géométrie, l’astronomie et la musique.

 


Gerbert conçoit, pour le calcul, un système d’abaques munies de boules.

 


Ainsi, durant trois ans, Gerbert étudie et étend la vision impériale qu’il a de Rome en Occident jusqu’à Byzance, face orientale du prestige impérial.

 

 

 


Le Comte Borrell des Marches d’Espagne semble en grande conversation avec l’évêque Hatton dans le cloître de l’abbaye.

 

- (le Comte) La renommée grandissante de votre Abbaye, Monseigneur, a franchi  

   les Pyrénées et Rome en sera bientôt informé…

- (l’Evêque) Qu’entendez-vous par là, Seigneur Borrell ?

- (le Comte) Je pense que le moment est venu de demander au Pape Jean XIII  

   l’érection de l’évêché de Vich en archevêché…

- (l’Evêque) Certes ! Mais comment amener le Saint-Père à accepter pareil

   dessein ?

- (le Comte) Mais en lui présentant ce qui fait la fierté de votre abbaye, ce moine

   écolâtre* nommé Gerbert.

 

* clerc dirigeant d’une école ecclésiastique ou monastique.

 

 


 Le Pape est si impressionné par la valeur de Gerbert qu’il accède non seulement à cette requête mais envoie un légat prévenir Otton Ier*, roi de Germanie et d’Italie, restaurateur du Saint Empire Romain qu’un extraordinaire phénomène de science est arrivé à Rome.

 

* Empereur depuis 962.

 


Otton Ier assiste à un échange entre le Pape et Gerbert…

 

A Rome, au palais du Latran, alors que le comte Borrell et l’évêque Hatton viennent de se retirer…

 

*  (le Pape) Vraiment, frère Gerbert, pensez-vous que votre soif de connaissances ait des limites ?

*  (Gerbert) L’Homme ne peut grandir qu’en repoussant ses propres limites, et Dieu, seul, connaît les limites de chacun…

*  (le Pape) C’est pourquoi, les vôtres vous appellent auprès de l’empereur ici présent pour y devenir le précepteur de son fils âgé de 16 ans, Otton II*.

*  (Gerbert) Je remercie votre Sainteté de sa confiance et m’engage à servir l’Empereur aussi bien que l’Eglise.

 

* Otton II est associé à l’Empire par son père et couronné Empereur à l’âge de 12 ans.

 


Image du Comte Borrell, seul, quittant Rome à cheval en passant non loin du Colisée…

 

L’assassinat de l’évêque Hatton à Rome le 22 août 971 laisse à Gerbert toute liberté pour rester au service de l’Empereur. Le comte Borrell, lui, regagne l’Espagne.

 

 

 


Gerbert enseigne les mathématiques à Otton II. On peut lire sur un tableau la liste des chiffres arabes (I=1 ; II=2 ;III =3…)

 

En Italie…à la Cour Impériale…

Quand Gerbert n’enseigne pas les mathématiques à Otton II, il continue d’apprendre et découvre la logique* .

 

* la philosophie.

 

 


Des gardes arrêtent un groupe de cavaliers arrivant à la Cour impériale…

 

*  N’ayez crainte ! je suis Gerannus*, archidiacre de Reims, envoyé par le Roi Lothaire** pour porter un message à l’Empereur.

 

* célèbre logicien de l’école de Reims.

** Roi carolingien français.

 


 Image d’un mariage impérial…

 

En l’an de grâce 972, le 14 avril, a lieu à Saint Pierre de Rome le mariage impérial d’Otton II avec la princesse byzantine Théophano…

 


Image d’une grande salle dont les murs sont recouverts de tentures et dans laquelle des amitiés semblent se nouer…

Gerbert, devenu ami du jeune Otton II, se lie également d’amitié avec Théophano et l’impératrice Adélaïde, femme d’Otton Ier…

 

- Ah… Si Rome m’était conté*…

 

* Formule littéraire historique où seul le nom de la ville est appelé à changer…

 


Sur ces entrefaites, Gerbert, ayant appris la présence de Gerannus, va voir l’Empereur…

 

*  (Gerbert) Sire, il semble que mes enseignements approchent les limites de ma réflexion et de mes connaissances. C’est pourquoi, avec votre permission, je souhaiterai pouvoir accompagner Gerannus à Reims pour y parfaire les enseignements que je dispense à votre fils impérial.

*  (l’Empereur) Frère Gerbert, il me semblait pourtant que votre espace intellectuel n’avait pas plus de limites que l’espace géographique du Saint Empire Romain…

*  (Gerbert) Seriez-vous en train de m’inviter à participer à une nouvelle joute intellectuelle, Sire ?

*  (l’Empereur) Les limites du temps, elles, ne me le permettent pas aujourd’hui, mais songez donc, quand halte vous ferez sur la route de Reims, frère Gerbert, à l’universalisme de la pensée dans l’Empire et dans la Chrétienté…

 

 


Gerannus et Gerbert font une dernière halte avant d’entrer dans Reims dont on perçoit au loin une porte fortifiée…

 

Alors que les deux hommes arrivent aux portes de Reims en mai 972, Gerbert évoque ses voyages.

 

*  (Gerannus) Que ces routes sont ma foi bien monotones…

*  (Gerbert) …et parfois étonnantes quand on pense aux nombreuses destinées qui les ont empruntées…

 


 Image d’une carte de l’Europe à l’époque, où l’on voit le trajet parcouru par Gerbert…

 

*  (Gerbert) La mienne, par exemple, m’a conduit d’Aurillac où j’ai grandi, à l’abbaye de Vich… à Rome où j’ai rencontré le Pape… et où l’Empereur m’a permis de vous accompagner jusqu’à Reims…

 


Cette carte de l’Europe est un peu retournée en bas à droite ; Dans cet espace découvert, on peut y lire sur fond noir

« Ici gît OTTON Ier, Empereur du Saint Empire Romain, rappelé à DIEU en Mai 973 ».

 


Reproduction d’une gravure de « l’Empereur Otton II » au bas de laquelle figure la mention « OTTO II IMPERATOR* ».

 

* Otton II Empereur


 


Gerannus, à l’appel de sa destinée quitte, lui aussi , la route des vivants, après avoir enseigné à Gerbert tout ce qu’il connaissait de la philosophie.

 

 


 Dans le magnifique bureau de l’archevêque, Monseigneur et Gerbert semblent en grande discussion…

 

Gerbert est reçu par l’archevêque de Reims, Adalbéron…

 

*  (Adalbéron) Si Dieu a sitôt rappelé à lui Gerannus, c’est parce qu’il veut vous associer à son dessein. C’est pourquoi, par la grâce de Dieu, je vous nomme écolâtre.

- (Gerbert) Je rends grâce à Dieu pour les bontés que Monseigneur me prodigue…

 


Gerbert, à cette nouvelle, s’agenouille et baise la main de l’archevêque…

 


L’archevêque est en prière, seul et à genoux devant une Croix, dont il baise le bois…

 


Dans la grande salle d’études, on peut admirer la pièce où se trouvent quinze pupitres sur lesquels travaillent les moines… on peut d’ailleurs apercevoir trois élèves vus de dos…

 

De toute l’Europe, des élèves accourent pour y suivre les enseignements de Gerbert… Parmi eux se trouvent quelques illustres disciples comme Richer de Saint Rémi de Reims.

 


Cette image est identique à la précédente, mais on peut maintenant y apercevoir sept élèves vus de dos…

L’année dernière, en avril…

 

- (Gerbert) …Ainsi, le Monde a été créé par Dieu à partir du nombre, du rythme et de l’harmonie…

 


Cette image est identique à la précédente, mais on peut maintenant y apercevoir douze élèves vus de dos…

Cette année, en octobre…

 


Le Scriptorium*  étant devenu trop petit pour y recevoir les nouveaux élèves, Gerbert aurait sollicité auprès de sa hiérarchie l’ouverture d’une nouvelle classe…

 

* Salle d’études.

 

 


 Gerbert et Adalbéron conversent dans le cloître… dont les colonnettes romanes donnent sur un charmant jardin…

 

Quand Gerbert n’enseigne pas, il approfondit de nouveaux manuscrits et s’informe auprès de l’archevêque des nouvelles du royaume, de Rome et du Saint Empire…

 

 


Gerbert et Adalbéron conversent toujours dans le cloître… mais, continuant de marcher, ils permettent au lecteur de découvrir un nouvel angle de vue de ce cloître…

En 978…

 

*  (Gerbert) Si Lothaire ne s’était pas emparé d’Aix-La-Chapelle*, Otton II n’aurait jamais songé à mobiliser 100 000 hommes pour libérer la cité impériale…

*  (Adalbéron) Lors, son armée victorieuse a continué sa marche  jusqu’à Paris, prenant sur son passage notre belle ville de Reims.

 

* Patrie des Carolingiens français depuis Charlemagne mais faisant partie du royaume de Germanie depuis 921.

 

 


Gerbert et Adalbéron conversent toujours dans le cloître… mais, s’arrêtant de marcher un moment, le lecteur peut apprécier la beauté des chapiteaux romans figurant sur les colonnettes…

 

*  (Gerbert) Mais Paris assiégé ne tiendra pas longtemps devant la formidable armée d’Otton II, malgré les défenses mises en place par le Duc Hugues Capet !

 

 


Image d’une formidable armée assiégeant Paris…

 

 


*  (Gerbert) … Je remercie Monseigneur de sa compréhension… et partirai donc demain après les laudes* pour rencontrer l’Empereur...

 

* Prières du matin.

 

 


A l’approche de l’hiver, image de cette formidable armée faisant demi-tour devant Paris…

Quelque temps plus tard…

- (Cris de joie des assiégés) Paris est sauvé !

 


Au delà de l’amitié qui unit les deux hommes, Gerbert prend conscience de l’influence qu’il a conservée sur son ancien élève, Otton II…

 


Image d’un gisant du pape recouvert de sa mitre et s’appuyant sur sa crosse…

A Rome, à la mort de Jean XIII, l’Empereur Otton II fait désigner un nouveau pape, Benoît VII, partisan de réformes, notamment contre la simonie*…

 

* Trafic d’objets sacrés, de biens spirituels ou de charges ecclésiastiques.

 


Image d’Otton II, arrivant avec son armée…

Tandis que des seigneurs tentent de se libérer de la tutelle impériale, Benoît VII demande à Otton II d’intervenir pour rétablir l’ordre en Italie…

 


 Gros plan sur un carrosse se trouvant derrière Otton II ; La voilure étant entrouverte, on reconnaît Théophano avec un bébé de six mois dans les bras… Derrière le carrosse, un cavalier, entouré d’élèves, s’appelant Otric…

Quand Otton II pense à l’Empire, il pense aussi à l’avenir…et se déplace rarement sans quelques illustres personnages, comme Otric*.

 

* Chapelain et ancien écolâtre de Magdebourg réputé pour son éloquence cicéronienne.

 


Image de retrouvailles chaleureuses entre Otton II et ses amis…

Arrivant à Pavie en décembre 980, Otton II retrouve  l’archevêque de Reims Adalbéron et Gerbert, venus en Italie pour des motifs d’administration religieuse…

*  (l’Empereur) Soyez donc mes compagnons de route jusqu’à Ravenne !

 


Image d’un débat public devant Otton II, les élèves d’Otric et de nombreux savants…

La jalousie d’Otric à l’égard de Gerbert étant bien connue, l’Empereur, protecteur des lettrés, saisit l’occasion de la présence des deux grands écolâtres pour organiser une joute philosophique à Ravenne…

 

*  (L’Empereur) Que soit apporté le tableau des parties de la philosophie au frère Gerbert!

*