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ECONOMIE
Sous la pression des Verts soucieux de préserver l'environnement en Bretagne victime de nombreuses marées noires, le Gouvernement vient de contraindre la compagnie pétrolière TotalFinaElf à diminuer la production de pétrole polluant. C'est pourquoi, le groupe tente aujourd'hui d'imposer au grand public une nouvelle image en annonçant la création d'un pétrole bio moins coûteux.
La mode bio, qui dope les ventes de l'industrie agroalimentaire, fera t-elle mouche dans l'industrie pétrolière ? C'est ce qu'espère le nouveau président du comité exécutif du groupe TotalFinaElf : "Le pétrole bio est une invention révolutionnaire, vouée à briser une bonne fois pour toutes l'image de pollution qui colle à cette source d'énergie". Du pétrole non polluant ? C'est effectivement le principe du pétrole bio, si l'on en croit la charte de production qui régira son exploitation future, et dont les points principaux précisent qu'il est non odorant, d'un contact non cancérigène, et non polluant après combustion.
La molécule active dans le groupe moléculaire neutralisant la couleur noire du pétrole.
L'innovation réside dans un certain nombre de molécules révolutionnaires à vocation "neutralisante", directement sorties des laboratoires de recherche du groupe. Un premier groupe moléculaire est introduit dans les cuves de brut après extraction, et vise à capturer l'odeur caractéristique du pétrole. Un second groupe moléculaire permet, dans un environnement chimique précis, de neutraliser les acides aminés qui déterminent la pigmentation noire du pétrole, et de lui donner une couleur blanche proche de celle de la neige. Un troisième groupe permet enfin de bloquer l'aspect polluant qui survient lors de sa combustion, sans pour autant amoindrir son potentiel énergétique. "Le pétrole bio, explique t-on en haut lieu, de par son aspect blanc, inodore et non polluant, fera du naufrage de l'Erika la dernière grande catastrophe écologique pétrolière, et substituera aux néfastes marées noires des marées blanches, d'un contact agréable et esthétiquement valorisantes pour le paysage".
Ejection en plein air, dans le cadre d'une démonstration organisée par le groupe TotalFinaElf, du pétrole rendu bio après action des trois groupes moléculaires neutralisants. Conscients que le progrès a un coût qui devrait se répercuter sur le prix du carburant, plusieurs experts considèrent aujourd'hui que le prix d'un litre d'essence issu du pétrole bio ne devrait pas dépasser 10 euros : un prix élevé qui pourrait bien déclencher de nombreuses manifestations de mécontentement dans l'opinion publique. Néanmoins, la compagnie pétrolière souhaite pouvoir compter sur "le sens civique des étrangers, des Français et des Françaises pour que la qualité de l'environnement demeure une priorité nationale." Cependant, certains courants écologistes parlent déjà de "provocation à grande échelle", ou, plus modérément, d'un progrès certes intéressant pour la science, mais pas pour l'homme". Quant aux poissons, eux, verront-ils la différence ? Et comment reconnaîtra t-on un oiseau mazouté d'un oiseau non mazouté ? Autant de questions qui ont poussé Brigitte Bardot à réagir vivement en menaçant de ne plus jamais manger de poisson... |
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